Gestion durable de la forêt


Un patrimoine aux multiples fonctions
Situation en France, en Europe et dans le reste du monde
Utilisation des sous produits de la forêt
Gestion durable et certification des forêts
Forêt et carbone

Un patrimoine aux multiples fonctions

Gérer la forêt, c’est à la fois favoriser sa vitalité, son renouvellement permanent, sa sécurité face aux risques naturels (incendies, insectes...) et également assurer la diversité de ses fonctions (biodiversité, production de bois, loisirs…). Les coupes d’éclaircies (petit bois pour la pâte à papier), et les récoltes de bois d’oeuvre (pour l’ameublement, la construction, l’emballage), sont programmés de façon intégrée et durable, dans un souci d’équilibre entre le respect de la nature et l’utilisation du bois.

Parmi les actes de gestion, les coupes d’éclaircies constituent une nécessité sylvicole, car elles permettent de récolter les arbres les moins bien conformés, afin que ceux ayant de bonnes caractéristiques puissent pleinement s’épanouir. Sans éclaricies, il n’y a pas de production de bois d’oeuvre, et donc pas de valorisation économique des forêts ! Les éclaircies sont également bénéfiques au plan écologique et sanitaire (biodiversité, régime des eaux, santé du peuplement …) et à la prévention des feux de forêt. Ces coupes d’éclaircies constituent l’approvisionnement principal en bois de l’Industrie papetière en France (le reste provient des chutes de l’industrie du sciage).

Indispensable partenaire des agents économiques publics et privés de la forêt, l’Industrie papetière Française contribue activement au développement de la forêt par l’utilisation du bois d’éclaircie et en aidant de ce fait la forêt à se développer durablement

Pour en savoir plus :

L’Office National des Forêts : www.onf.fr

L’organisme de recherche appliquée pour le système forêt-bois-papier : www.fcba.fr

Fédération Nationale du Bois : www.fnb.com

Situation en France, en Europe et dans le reste du monde

Contrairement aux idées reçues, la superficie couverte par les forêts en Europe et en France augmente depuis plus d’un siècle. Avec près de 140 variétés différentes d’arbres, les forêts françaises comptent parmi les plus diversifiées d’Europe. Les trois quarts des forêts françaises appartiennent à des propriétaires privés, le quart restant est partagé entre l’Etat et les collectivités territoriales. Au niveau mondial, les forêts couvrent 4 milliards d’hectares, soit 30% des terres émergées de la planète.

La déforestation s’est considérablement accélérée au cours du XXème siècle. Les experts s’accordent à identifier le besoin de terres agricoles (élevages, cultures), la récolte de bois de feu et l’utilisation du bois (menuiseries...) comme étant les principales causes de cette déforestation. Cette déforestation est lourde de conséquences tant en ce qui concerne l’impact sur les populations locales et la perte de biodiversité, que le changement climatique (le "destockage" du carbone contenu dans les forêts primaires serait responsable de 20 à 25% du total de l’émission de gaz à effet de serre). Au rythme d’environ 15 millions d’ha par an, la déforestation semble légèrement ralentir. Elle demeure préoccupante car les défrichements se concentrent à 94% sur la seule zone intertropicale.

Tous les acteurs de la filière bois se sentent concernés par la déforestation, et développent différents dispositifs dont la certification de la gestion durable des forêts, afin d’apporter la garantie que les bois qu’ils utilisent ne participent pas à la déforestation

Pour en savoir plus :

L’Inventaire Forestier National : www.ifn.fr Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture : www.fao.org

Utilisation des sous produits de la forêt

Le bois utilisé par l’Industrie papetière provient à 70% de la forêt, et à 30% des chutes de l’activité de sciage.

En effet, lorsqu’un tronc est transformé en planches, il reste toujours des dosses et des délignures qui, une fois transformées en plaquettes, sont récupérées par l’Industrie papetière. Ainsi les forestiers et les scieurs trouvent des débouchés aux sous-produits de la forêt en les vendant à l’Industrie papetière.

L’Industrie papetière française est donc un débouché essentiel pour les sous-produits de la forêt, et leur valorisation participe au développement de la sylviculture française et de la filière bois.

Consommation et provenance du bois

L’Industrie papetière française a consommé 7,2 millions de tonnes de bois en 2010. Les bois consommés par l’Industrie papetière française sont essentiellement d’origine française.

Gestion durable et certification des forêts

En tant qu’utilisatrice de bois, l’Industrie papetière est directement concernée par la gestion durable des forêts, c’est-à-dire une gestion qui permette de satisfaire les besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.

A l’occasion de la Conférence des Nations-Unies sur l’Environnement et le Développement (Rio, juin 1992), environ 170 pays - dont la France - se sont engagés en faveur de la gestion durable des forêts. Divers processus d’échelle mondiale, nationale et locale ont été mis en place, tels que la définition de critères et indicateurs de gestion durable.

La certification des forêts

C’est un outil initialement destiné à promouvoir la gestion durable en utilisant les forces du marché. La certification forestière est un outil à l’usage des propriétaires/gestionnaires de forêts mais aussi des entreprises de la filière bois-papier. Pour les premiers, elle consiste à garantir que la gestion forestière est conforme à un cahier des charges pré-établi. C’est la « certification de la gestion durable » proprement dite. Pour les seconds, elle consiste à garantir que les approvisionnements en bois sont rigoureusement identifiés, suivis et que les déclarations relatives à la gestion forestière sur les produits sont fiables. On parle alors de « certification de la chaîne de contrôle des bois ». Pour obtenir sa certification, le gestionnaire ou l’entreprise doit se soumettre à un audit par un organisme indépendant et accrédité. Parfois, être certifié permet d’utiliser une marque de gestion durable des forêts.

Plusieurs systèmes de certification existent dans le monde, parmi lesquels le programme FSC (Forest Stewardship Council) et le programme PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification Schemes), qui sont les deux principales marques de certification.

La marque FSC a été créée dans les années 1990 sur l’initiative d’Organisations Non Gouvernementales, parmi lesquelles WWF, avec 125 millions d’hectares de forêts certifiées dans le monde. Le système PEFC, créé en 1999, est le plus répandu dans le monde avec plus de 220 millions d’hectares de forêts certifiées. En France métropolitaine, plus d’1/3 de la surface forestière est certifiée, et ce presque totalement sous le système PEFC.

L’ensemble des régions françaises ont en effet obtenu un référentiel régional. Celui-ci atteste l’existence d’une démarche régionale conforme aux exigences PEFC, comportant l’implication et la concertation des acteurs locaux, la définition et la mise en œuvre d’une politique de gestion durable assortie d’indicateurs de suivi, d’engagements et de cahiers des charges. Un nombre croissant de propriétaires forestiers adhère à ces exigences régionales, et 5,1 millions d’hectares de forêt peuvent actuellement fournir du bois PEFC. Ce sont également 1500 entreprises françaises de la filière bois, qui sont engagées dans la démarche PEFC.

Le système FSC est quant à lui beaucoup moins représenté en France en terme de superficie forestière : il représente ainsi 19 980 hectares et 253 entreprises ayant une chaîne de contrôle.

À la lumière d’une conscience croissante de l’impact que l’homme a sur l’environnement, un comportement responsable est exigé des acteurs qui travaillent avec les forêts. Pour cette raison, les gouvernements, les professionnels de la chaîne forêt-bois-papier, et les organisations non gouvernementales ont uni leurs efforts pour la gestion durable des forêts.

Pour en savoir plus sur les systèmes de certification :

Site du FCBA : www.fcba.fr

Moteur de recherche et de comparaison de l’ensemble des systèmes de certification : www.forestrycertification.info

FSC : www.fsc-france.org

PEFC : www.pefc-france.org

Forêt et carbone

Les arbres, comme tous les végétaux ayant une activité photosynthétique, captent le CO2 atmosphérique, rejettent l’oxygène et utilisent le carbone pour élaborer les molécules (cellulose, lignine …) constitutives du bois. Dans une forêt en croissance, la quantité de CO2 fixée est supérieure à celle rejetée par la respiration des arbres et la décomposition des parties mortes (branches et feuilles retombées au sol, …)

L’excédent de carbone atmosphérique fixé par rapport aux émissions liées à la respiration des végétaux et à la décomposition des parties mortes permet aux forêts en croissance de constituer des « puits » de carbone.

La fixation nette de carbone varie très fortement selon la nature des écosystèmes forestiers, les essences considérées etc… A l’échelle de la France, la biomasse forestière a fixé en moyenne annuelle 63 millions de tonnes de CO2 entre 1984 et 1996, ce qui représente de l’ordre de 17% des émissions de dioxyde de carbone du pays.

La capacité de fixation du carbone des forêts est cependant liée au fait que la forêt est en croissance : un écosystème du type « forêt tropicale humide » est sensiblement en équilibre : la quantité de CO2 fixée par les végétaux photosynthétiques est compensée par la respiration et les émissions des être vivants « décomposant » le bois. De manière analogue, une forêt âgée ne croît plus que lentement (faible activité photosynthétique), et ne fixe donc plus que peu de carbone atmosphérique.

La récolte du bois dynamise le puits forestier

Pour conserver à une forêt son rôle de puits, il est indispensable d’éviter que celle-ci ne vieillisse de manière excessive.

La récolte des bois sur une ou plusieurs parcelles d’une forêt (suivie de la plantation d’arbres nouveaux, ou d’une régénération naturelle à partir des arbres conservés) permet d’éviter le vieillissement des peuplements tout en assurant la production de biens séquestrant eux-mêmes du carbone.

Un mode de gestion forestière qui consisterait à ne plus récolter les bois permettrait de constituer des stocks considérables de carbone en forêt. Il présenterait toutefois un triple inconvénient du point de vue de la lutte contre le changement climatique :

- Au bout d’un certain temps, la fixation de carbone est compensée par la respiration et l’action des décomposeurs (le puits forestier est « saturé »).
- L’absence de récolte de bois ne permet pas la production de biens séquestrant eux-mêmes du carbone,
- Des stocks de carbone élevés rendent les écosystèmes forestiers plus vulnérables aux risques d’incendie et conduisent in fine à des émissions de CO2 très importantes.

La contribution de la récolte de bois utilisée par l’Industrie papetière à la lutte contre le changement climatique

L’Industrie papetière, en utilisant des rondins d’éclaircie provenant de France contribue, avec les autres acteurs de la filière, à dynamiser le puits forestier français. Pour mémoire, ce rôle de séquestration de la forêt est reconnu par les accords internationaux. En utilisant des sous-produits de la gestion forestière (bois d’éclaircie, houppiers) et des industries du bois (déchets de scieries,…), l’Industrie papetière valorise plus de 6 millions de mètres cubes de bois, soit de l’ordre de 20% de la récolte commercialisée en France.

L’utilisation de ces bois permet :

- La production de bois d’œuvre de qualité (fabrication de sciage, c’est à dire de produits séquestrant le carbone sur une longue durée).
- D’éviter l’accumulation de biomasse en forêt (notamment en forêt méditerranéenne) et donc, en cas d’incendie, des émissions importantes de gaz carbonique.
- La production de biens séquestrant du carbone.