Industrie papetière et forêt

Le papier, un matériau issu d’une ressource renouvelable, le bois

Les cellules végétales issues du bois sont les constituants principaux des papiers et cartons. Ces cellules, qui se présentent dans le papier sous forme de fibres de quelques millimètres de long, sont constituées de molécules élaborées par photosynthèse. Grâce à cette réaction chimique, les cellules chlorophylliennes des arbres captent le dioxyde de carbone (CO2) contenu dans l’air, puis le transforme en molécules carbonées (cellulose, hémicellulose, lignine,…), en utilisant pour cela l’énergie du soleil.

Ce caractère végétal des fibres fait du papier un matériau renouvelable. Si l’arbre qui a été  récolté pour produire un bien manufacturé (lame de parquet, panneau, boîte en carton,…) est replanté, le prélèvement de cette matière première ne conduit pas à diminuer un stock. Cette caractéristique distingue fondamentalement le matériau papier/carton de la plupart des autres matériaux, dont la production nécessite le prélèvement dans un stock dont la taille diminue au fur et à mesure des prélèvements (pétrole pour la production de matières plastiques, minerais pour la production de métaux,…).

                                   

La récolte de bois doit s’effectuer dans le cadre d’une gestion durable de la forêt

Le prélèvement du bois en forêt doit s’effectuer de telle sorte que les écosystèmes forestiers d’un pays ne soient pas dégradés. Ce principe de « gestion durable » peut-être illustré par l’image suivante : si un arbre arrive à maturité (c’est-à-dire au bon âge de récolte) à 60 ans, en divisant une forêt en 60 parties replantées chacune après la récolte du bois, on obtient un massif forestier en équilibre, produisant, sans limite de durée, un flux de matière.

Cette image d’équilibre dynamique des forêts est parfois mal comprise de nos concitoyens, qui pensent pour certains que la récolte du bois est une activité prédatrice, et que les forêts doivent être mises « sous cloche ». Ce scénario de préservation intégrale, évidemment justifié dans certains cas (par exemple lorsque la forêt abrite une espèce animale ou végétale remarquable), ne doit cependant pas s’imposer en France, car le bois est le seul matériau renouvelable utilisé à grande échelle.

Dans la réalité, la gestion durable d’une forêt est évidemment une pratique beaucoup plus complexe que l’image qui a été employée ci-dessus. Pour parvenir à cette gestion, différents outils ont été mis en place. Parmi ceux-ci, certains visent également à apporter au consommateur d’un produit en bois ou dérivé du bois la garantie que le cahier, l’enveloppe, l’emballage en carton etc. qu’il achète provient de bois, lui-même, issu de forêt gérées durablement. Ces systèmes de certification de la gestion durable de la forêt, tels que PEFC et FSC, sont des outils importants pour l’industrie papetière, qui s’implique de ce fait de manière forte dans leur gouvernance, aux côtés des autres parties prenantes (propriétaires forestiers, associations de protection de l’environnement,…).

Les fibres utilisées par l’industrie papetière française contribuent au développement des territoires forestiers tout en préservant leurs écosystèmes

La récolte de bois (comme celle du blé, du riz ou de toute production végétale agricole) est une activité économique assurant un revenu au propriétaire, ainsi qu’aux différents intervenants de la chaîne de valeur (pépiniéristes, experts forestiers, bûcherons, fabricants de matériels d’exploitation forestière, entreprises de transport du bois,…). Cette activité contribue donc au développement et à l’aménagement des territoires ruraux.